S’aimer soi-même

Nous aimer nous guérit et nous rend heureux. Et c’est le plus beau cadeau que l’on puisse offrir aux autres...!!!

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L’interview qui suit est celle de Enriqueta Olivari, auteur du livre “El amor de tu vida” (L’amour de ta vie), originellement publié dans Libros colgados.

Ton livre est un guide pour s’aimer soi-même. Pourrais-tu décrire en quoi ça consiste ?

Photo de l’écrivain Enriqueta Olivari

S’aimer soi-même c’est, avant-tout, l’acceptation inconditionnelle et complète de tous nos aspects.

Il faut commencer par aimer notre corps tel qu’il est, et ne pas le forcer à s’ajuster à un modèle que l’on nous a imposé. Il faut prendre soin de lui et le respecter intérieurement et extérieurement, de façon inconditionnelle.

Ensuite, il faut accepter et exprimer de façon appropriée toutes nos émotions, vu que chacune d’entre elles, bien gérée, a une fonction positive. Autrement, nous déprimons, nous ressentons de l’anxiété ou nous tombons malades. C’est pour ça qu’il est fondamental d’exprimer ce que nous ressentons pour mener une vie saine et pleine de vitalité.

Il faut aussi apprendre à maîtriser notre mental, pour pouvoir l’utiliser à notre faveur, et pas à notre défaveur. Le mental est un magnifique instrument, si nous savons en tirer parti.

Enfin, il est important de se connaître et de s’aimer sur le plan animique (au-niveau de l’âme), pour grandir spirituellement et avoir une vie réellement significative.

Dans mon livre, je dédie un chapitre entier à chacun de ces aspects, pour que l’Amour envers soi-même soit profond et complet.

Pourquoi l’amour fait-il souffrir ?

Parce que nous attendons des autres qu’ils nous donnent l’Amour qu’en réalité nous avons déjà en nous-mêmes. Cela crée des relations de dépendance et d’attachement, qui nous conduisent inévitablement à la souffrance. En revanche, si l’on s’aime soi-même, on aura de l’Amour à partager, et ce partage-là sera emprunt de liberté, de respect, et favorisera une croissance profonde. Si nous avons quelqu’un avec qui le partager, on s’en réjouit et on est reconnaissant. Et si nous n’avons personne, on est heureux de toutes façons, puisqu’on sait que l’Amour ne dépend de personne d’autre que de nous-mêmes, car c’est notre condition naturelle, c’est notre état d’être.

Quelle différence y-a-t il entre s’aimer soi-même et être égoïste ?

La personne égoïste ne s’aime pas, ne s’accepte pas, en réalité, elle se déteste et se punit. C’est pour ça qu’elle ne peut que prendre aux autres, puisqu’elle n’a pas d’Amour à donner. Elle n’aime pas les autres, mais ne s’aime pas non plus elle-même. En revanche, lorsque l’on s’aime soi-même, donner, aider et partager devient quelque chose d’habituel, quelque chose qui coule sans effort. On a des réserves d’amour illimitées venant de notre source intérieure.

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Comment peut-on surmonter le sentiment de solitude ?

Premièrement, en l’acceptant, vu que c’est notre condition intrinsèque. Méditer aide beaucoup à faire la paix vis à vis de ça. Dans ces moments de solitude, nous pouvons développer notre créativité, nous consacrer à ce qui nous plaît et qui nous inspire, nous dédier à apprendre de nouvelles choses, et le vivre comme une lune de miel avec soi-même. Il nous faut remplir ce vide avec l’amour envers soi-même. Alors, on cesse de se sentir seul, puisqu’on se régale de sa propre compagnie. Dans mon livre, je donne toute une gamme de suggestions et d’outils pour que le fait d’être avec soi-même soit une source de plaisir, de paix et de joie.

L’amour est quelque chose qui s’apprend ?

Absolument. Nous venons tous au monde avec la capacité d’aimer, mais on ne nous a pas enseigné à la développer et à la vivre d’une façon saine, sinon tout le contraire. On nous a inculqué une série de croyances qui nous mènent à la douleur, à la dépendance et à la carence affective, et pour finir, à des relations malsaines. C’est pour ça que nous avons besoin d’être rééduqués afin de découvrir de nouvelles manières de nous aimer et d’aimer les autres. En réalité, c’est tout un art, et en tant que tel, il faut l’apprendre et le pratiquer quotidiennement.

Pourquoi crois-tu que s’aimer soi-même est si important ?

Pour plusieurs raisons. La principale est que l’Amour est la plus grande force qui existe dans tout l’Univers. Sans amour, la vie est terne et manque de sens, d’éclat et de couleur. Sans cet Amour envers nous-même, la vie peut virer au cauchemar, puisque l’on se sent misérables, démunis, stressés et vides. Déconnectés.

Ensuite, c’est seulement en nous aimant nous-mêmes que nous pouvons manifester des relations saines et harmonieuses, qui nous apportent croissance et plénitude. Autrement, nous créerons des relations destructives.

Et, par ces temps de crises et de changements planétaires, la plus grande leçon, et le plus grand défi, c’est de sentir et de vibrer l’Amour en lieu et place de la peur. Pour y arriver, nous devons trouver la source de l’Amour à l’intérieur de nous, pour ensuite, comme les rayons du soleil, pouvoir l’irradier dans toutes les directions, à toutes les personnes, dans toutes les situations que la vie nous présente.

En fait, les historiettes qui suivent n’ont rien à voir avec le livre de Enriqueta Olivari, mais leur auteur, Liniers, est le créateur d’un personnage attendrissant qui s’appelle précisément, Enriqueta…

bandes dessinées de Enriqueta et Fellini, par Liniers

La photo de la clé est de Beorange, une photographe philippine. J’ai réalisé moi-même l’animation (la mouvance de la surface de l’eau en cliquant sur l’image) grâce à Adobe Flash / ActionScript.

Axel

Traduction de Magali Manvieu

L’imagination est la folle de la maison.

Sainte Thérèse de Jésus

Cette phrase ne se réfère pas à l’imagination créative et utile, sinon au discours interminable de nos pensées.

Sainte Thérèse d’Avila, née en Espagne en 1515, comparait ce dialogue intérieur usant à un “traquet” de moulin, une pièce de bois dont la fonction principale était de faire constamment du bruit, simplement pour indiquer que le moulin était en fonctionnement. Et elle suggère de “laisser parler cette folle” sans l’interrompre, mais sans lui prêter attention.

J’ai bien aimé cette comparaison, et je me demandais comment serait ma relation avec cette folle imaginaire décrite par Sainte Thérèse, s’il nous fallait vivre ensemble. Elle serait toujours là, à mes côtés, à me raconter ses délires, intarrissable et clairement perdue dans son monde imaginaire. Logiquement, je la laisserais parler, mais je ne prendrai pas ses paroles au sérieux. Et il ne me viendrait absolument pas à l’idée de me mettre à ses ordres pour la laisser diriger ma vie. Ce serait absurde !

Et pourtant je suis là en train d’écrire, essayant de prendre du recul vis à vis de cette compagne atteinte de folie, qui est bien sûr une partie de moi avec laquelle je m’identifie et je me confonds encore la plupart du temps.

Voici donc une vidéo qui décrit précisément notre relation avec cette folle que nous avons parfois dans la tête.

Axel Piskulic

Publicité “Pájaro carpintero” (Pivert), de Twistos.

Traduction de Magali Manvieu

Les pensées sont comme les nuages, elles vont et viennent et toi tu es le ciel. Tu n’as rien à faire. Si tu observes simplement, sans juger, critiquer ni commenter, tu obtiens le contrôle.

Osho

Il y a encore quelque temps, je croyais que “la clé” était de se sentir bien, quoiqu’il arrive autour de nous. Aujourd’hui je l’exprimerais d’une manière différente: le secret c’est de se sentir bien, quelque soit ce qui nous passe par la tête.

En réalité, ce sont uniquement mes pensées – et non pas les problèmes ou les conflits – qui ont terni pendant si longtemps ce qui aurait pu être ma pleine félicité. Je pensais et je me répétais encore et encore que les choses allaient mal, qu’elles devaient être autrement, et je me préoccupais en imaginant qu’elles pouvaient encore empirer. Mais,à bien y regarder, je n’ai jamais eu de problèmes vraiment sérieux.

La nouveauté pour moi ne fut pas de découvrir que j’étais une personne spécialement pessimiste ou dépressive (ce n’est pas mon cas !). La véritable découverte fut… que la pensée est essentiellement critique. En tous cas, pour moi ce fut une découverte…

Si nousne pouvons pas cesser de penser ni changer la nature critique de nos pensées, alors je crois que le défi est d’arrêter de prendre au sérieux ce que nous pensons, commenous pouvons parfois le faire avec les mauvaises nouvelles diffusées par les médias, parce que nous savons qu’il s’agit seulement d’un découpage arbitraire de la réalité.

Seules tes pensées te causent de la douleur.

Un Cours en Miracles, Leçon 190

Et si le thème tourne autour des “pensées”, les vidéos qui suivent – que l’on pourrait intituler respectivement “En pensant à toi” et “Le train des pensées” – semblent très appropriées. Il s’agit en réalité – dans les deux cas – d’amour, de rencontres et de séparations. L’une d’entre elles a un final inespéréet quelque peu déconcertant. A chaque fois que je la regarde, je me désole un peu qu’elle n’ait pas la “fin heureuse” que j’aurais préféré. Mais c’est comme ça simplement parce qu’au lieu d’apprécierce qu’il y a (ce qui n’est déjà pas si mal !) mes folles pensées insistent, comme toujours, pour me faire croire que les choses devraient être autrement…

Axel Piskulic

Traduction de Magali Manvieu
Court-métrage « Thought of You ».
Court-métrage « Train of Thought », de Leo Bridle.
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